Chronique d’une décision a priori bienveillante (lancement d’une campagne de soutien de l’installation de Pompes À Chaleur (PAC) mais qui risque, à terme, de ne pas l’être car initiée et orientée par des intentions qui, elles, ne le sont peut-être pas vraiment.
Ceci est possible lorsque l’intelligence humaine et la créativité des commerciaux se mettent au service d’une cause juste avec un outil a priori parfait mais selon des moyens douteux et qui seront plébiscités grâce à des promesses qui risquent de n’engager que celles et ceux qui y auront cru !
Sommaire de cet article
- Thème
- Contexte
- Le support
- Le sujet : les Pompes À Chaleur (PAC) passent d’équipement choisi et installé sur un chantier à produit global
- Le piège et les limites : des PAC tout compris !
- Les failles
- … Et après ?
Thème
Accès aux pompes à chaleur pour les ménages modestes.
Si personne ne sera jamais rasé gratis, peut-on espérer que, faute de pouvoir se chauffer gratis, les ménages les plus pauvres pourront un jour se chauffer pour pas cher et sans souci ?
Contexte
Nous avons déjà abordé dans nos colonnes et développé, entre autres, les conditions et contraintes nouvelles qui prévalent pour le confort thermique des habitats, au moins à date d’octobre 2026.
Pour rappel :
Les limites financières qui nous sont imposées par :
- des injonctions de faire qui ne sont pas réalistes face à diverses évolutions :
- politique et géopolitique,
- économie qui semble ne pas pouvoir perdurer en l’état précédent
- raréfaction des ressources
- émissions de gaz à effet de Serre (GES)
- déchets de plus en plus « envahissants »
- … et surtout : les bouleversements climatiques et leurs extrêmes
Hélas, même si l’adage populaire dit qu’un homme averti en vaut deux, il faut croire qu’il ne s’applique pas aux habitats !
En effet, malgré les limites rappelées ci-avant et surtout à cause des craintes légitimes qui en découlent, les particuliers hésitent à se risquer à une rénovation énergétique pourtant souvent nécessaire. Il faut donc inciter les citoyens à plus de vertu écologique et économique…
Le Gouvernement vient de lancer une nouvelle opération, très incitative : passer d’un système de chauffage à circulation d’eau via des énergies fossiles à un chauffage toujours à circulation d’eau… mais à production de chaleur plus vertueuse : une PAC air/eau. Qui plus est, accessible financièrement aux plus démunis !
Une Énième campagne diront les uns, enfin une opération prenant en compte les besoins, l’étude du dossier, le financement, la fourniture du système, son installation, sa gestion, son entretien et ses consommations !
Les promesses seront-elles tenues ? Voilà l’objet de cet article et, disons-le d’emblée : il nous semble que les dés sont pipés et nous vous en proposons l’étude en détail…
C’est parti !!!
La révolution !
Nous avons déjà vécu quelques épisodes sur et autour des Pompes À Chaleur.
Ces appareils ont généralement connu du succès lorsque des campagnes en ont vanté les vertus et incité à leur achat… Sitôt la fin des campagnes… ces équipements ont perdu leurs parts de marché acquises de haute lutte… Pourquoi ?
Soyons clairs, loin de nous l’idée de dire que les PAC seraient des systèmes, des machines à vouer aux enfers !
Si nos écrits ou nos vidéos ont pu le laisser supposer ou si c’est une impression dont certains nous ont soupçonné nous souhaitons effacer ces sentiments ou ressentis. Nous ne sommes ni des aficionados des PAC ni leurs opposants par essence ou dogmatisme.
Description sommaire du principe des PAC
Elles sont basées sur la captation d’énergie (dit autrement et pour simplifier, de chaleur) dans un milieu déterminé et son transfert, après amplification, vers un autre lieu.
L’amplification est obtenue grâce à l’utilisation d’un fluide frigorigène qui, soumis à une montée en pression, monte en température en puisant de l’énergie dans un milieu et, lors de sa détente, libère cette énergie en un autre lieu.
Sa consommation d’énergie de fonctionnement (celle que l’on achète) est donc cantonnée à celle du compresseur électrique.
Les milieux dans lesquels les PAC puisent leur énergie sont généralement soit de l’air, soit de l’eau ou encore le sol. Elles libèrent leur énergie soit directement dans de l’air, soit dans un liquide qui, lui-même, transporte la chaleur, généralement de l’eau.
Le miracle
Suite aux compressions et détentes du fluide le rendement énergie de fonctionnement/énergie libérée est amplifié (on le nomme « Coefficient de Performance » (COP). Sous certaines conditions, le COP permet de libérer jusqu’à 3 à 4 fois plus d’énergie que celle consommée par le compresseur. Si les conditions requises à son bon fonctionnement sont bien remplies, ce type de machine est un bel outil… au moins en théorie !
Malheureusement le COP théorique est dépendant de plusieurs facteurs, à commencer par l’entretien desdits équipements.
D’autres critères l’influencent : la température du milieu dans lequel on puise l’énergie et celle de la température à laquelle on veut chauffer le milieu dans lequel on la libère.
Le COP théorique annoncé correspond à une température minimale de 7°C du milieu de captation et une température maximale de 35° de l’eau chauffée dans le cadre d’une PAC air/eau.
Si les conditions d’utilisation sont au-delà des valeurs ci-avant, alors la PAC compensera par plus de compression ou un usage plus long et le COP baissera (vidéo) et donc l’intérêt du système par voie de conséquence (vidéo).
Dans tous les cas, sauf des installations vraiment catastrophiques (nous en avons rencontré… comme d’autres systèmes de chauffage d’ailleurs), il serait ridicule de décrier systématiquement ces machines tout comme il serait ridicule de les encenser.
L’opération, la campagne nouvelle
Elle s’inscrit dans la continuité de décisions qui ont préparé le terrain à sa commercialisation.
Toutes les énergies que nous consommons sont évaluées via un Coefficient De Conversion (CDC).
Le coefficient idéal est de 1 (bois et gaz), cela signifie que 1kWh consommé au lieu de production délivre 1kWh exploitable au lieu de consommation. Les énergies perdues en production, transport, distribution sont prises en compte via ce CDC. On parle d’énergie primaire (celle consommée, y compris les « pertes » et d’énergie finale pour celle « livrée » et consommée en usage domestique).
L’électricité a vu son CDC beaucoup évoluer depuis moins de 10 ans (de 1972 à 2012 : 2,58), en 2022 : 2,3 (mise en vigueur de la RE 2020).
La dernière évolution : passage au 1er janvier 2026 d’un CDC de 2,3 à 1,9 et à 1,7 au 1er janvier 2027 est d’ores et déjà prévu !
Peut-on imaginer que le CDC de l’électricité aurait servi à influencer les orientations de types de chauffage selon les époques et les politiques suivies, voire permettre de remettre sur le marché des logements qui venaient d’en être exclus (vidéo) ?
Serions-nous en présence d’un moyen pour relancer espoirs de nos dirigeants qui semblent ne pas rencontrer le succès escompté pour l’installation de PAC et qui, même, semble s’infléchir, particulièrement pour les versions air-eau : une nouvelle campagne vient d’être lancée par le gouvernement visant à les soutenir ou, en tout cas, à les promouvoir.
Constats et analyses
Avouons-le, quel beau tour de passe-passe pour, rien que par des décrets, des lois et autres décisions administratives, sans que rien ne soit changé dans les faits, on voit un appartement passer d’un classement F à E et, ainsi, revenir dans la cohorte des biens louables, au moins jusqu’en 2034 (est-il imaginable que le nouveau coefficient de 1,7 permette, au fil de l’eau et des évolutions possibles d’approche des barrières des classements évoluent, de louer cet appartement au-delà de 2034 …) !
Certains pourront dire que nous avons l’esprit mal tourné et que nous voyons le mal partout, non, ce n’est pas voir le mal partout que d’écrire ce qui précède, c’est simplement analyser des faits de façon impartiale et objective et d’imaginer des évolutions sur les limites de possibilité de louage d’appartements non pas certaines mais au moins hautement probables vu les manques de logements locatifs que nous connaissons d’ores et déjà.
Les PAC sont-elles des outils magiques ?
Tel que nous l’avons décrit ci-avant, une PAC bien choisie, bien dimensionnée, bien installée, pour chauffer un habitat bien isolé, globalement Oui et… si mauvais choix, Non !
Deux principes prévalent sur le marché des pompes à chaleur, les PAC air/air et les PAC air/eau (développement ci-après).
Un peu de technique
Je simplifie à l’extrême et je m’en tiens aux principes physiques de base, sans développer les parties différentes du système.
Fonctionnement des PAC air/air
L’hiver les PAC air/air puisent l’énergie dans l’air extérieur et l’énergie libérée à la détente l’est dans l’air du volume habitable, donc dans l’air intérieur.
Elles puisent donc de la « chaleur » dehors et la restituent dedans.
La simplicité du principe et le fait d’opérer, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur, dans un milieu de même nature (de l’air), rend ces PAC inversables dans leur fonctionnement. On parle alors de PAC réversibles.
L’été ces PAC réversibles puisent « la chaleur » de l’air intérieur et l’évacuent vers l’extérieur.
Fonctionnement des PAC air/eau
Les PAC air/eau puisent également de l’énergie dans l’air extérieur et la libèrent à la détente non plus dans l’air intérieur mais, via un échangeur, dans de l’eau, celle du circuit de chauffage.
Contrairement aux PAC air/air elles ne sont donc pas réversibles. Pour le devenir il faudrait puiser la chaleur dans les radiateurs intérieurs à circulation d’eau, ce qui complexifierait beaucoup le système.
De plus et par ailleurs, les radiateurs qui, alors, serviraient d’échangeur, seraient parcourus par une eau nettement plus froide que l’air ambiant. L’été, l’air chaud contenant généralement beaucoup de vapeur d’eau, le risque est grand que la température globale des radiateurs serait alors assez basse pour provoquer, sur leur surface, la condensation d’une partie de la vapeur d’eau contenue dans l’air…
Donc, sauf pour les systèmes à radiateur de très grande dimension ou les murs radiants également de grande surface ou de plafond ou sol rayonnant, eux aussi de grande dimension, ces PAC ne pourront pas être réversibles…
Sauf à risquer de voir des flaques d’eau se développer sous les radiateurs ou sur les panneaux radiants, y compris les planchers ou plafonds rayonnants. Seule solution alors pour une réversibilité : limiter drastiquement leur baisse de température et risquer de les rendre totalement inefficaces et incapables de faire baisser significativement la température de l’air intérieur ambiant l’été…
Les promesses qui seront soit impossibles, soit difficiles à tenir
La contextualisation ayant été largement développée et expliquée ci-avant, en quoi la nouvelle opération est-elle « une fausse piste » tel que nous l’avons annoncé dans le titre ?
Une erreur manifeste et une promesse impossible
Commençons par la promesse de Monique Barbut, notre actuelle ministre de l’environnement.
Notre ministre écrit, page 3 du document officiel de promotion (pdf) « Cette offre aidera également les ménages à mieux affronter les prochains épisodes de canicule et à adapter leur logement au changement climatique : les offres des lauréats devront en effet proposer un modèle réversible, capable de rafraîchir en été comme de chauffer en hiver » Tel que nous venons de le développer, ceci ne sera pas possible ou de façon très inefficace et insuffisante.
Fausse promesse ?
La parade est déjà prévue, ce qui, sauf tout le respect que nous devons aux Gascons, en fait une promesse… de Gascon (page 6 du document sus-proposé) : « Les offres devront également comprendre au moins un modèle de pompe à chaleur réversible, capable de chauffer le logement en hiver et de le rafraîchir en été, lorsque la configuration du logement et du système de chauffage le permet. »… « Pas folles les guèpes, même très malines ! »
Mais alors, on chercherait à se prémunir d’une impossibilité connue et déjà identifiée via une tromperie ?
Une promesse difficile à tenir
« Diviser par deux la facture de chauffage » Tel est le titre d’un passage (page 3) (pdf) attribué à Maud Bregeon, porte-parole du Gouvernement. « Les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent » aurait énoncé M. Henri Queuille, plus de 30 fois ministre sous la IIIème République… engagent-elles aussi uniquement celles et ceux qui les lisent ? L’avenir nous le dira !
La promesse : des PAC « clé en main »
Jusqu’à présent, quoi que l’on engageait en termes de travaux dans un habitat, c’était un projet qui nécessitait une approche et une logistique pour sa réalisation, dit autrement, c’était un chantier.
Il comportait des phases :
- Analyser
- Dimensionner
- Choisir la solution
- Financer l’opération
- Trouver les opérateurs
- Programmer les opérations
- Surveiller la réalisation
- En vérifier la bonne réalisation
- Réguler le bon usage et l’utilisation
- Veiller à l’entretien du système
- Régler les consommations
Très complexe, trop complexe ? Est-ce pour cela que l’objectif du chef de l’État, 1 million de PAC, risque fort de ne pas être atteint ?
Il faut relancer… le projet passe de « chantier » à bien de consommation, produit acheté !
La portée de la campagne
55 000 PAC air/eau en 2026, une autre opération de 55 000 PAC dès le 1er janvier 2027 et ce jusqu’à horizon 2030. Bien que rien de très explicite ne soit écrit qui l’affirmerait (pour cause d’élections présidentielles en 2027 ?), si ce calendrier est maintenu, 5 années à 55 000 PAC, nous atteignons un total de 275 000 PAC. Ne voilà-t-il pas une belle relance pour atteindre ou, au moins, s’approcher du million espéré ?
Tout compris
Le document de présentation (pdf, page 6) de l’opération le décrit clairement :
Une pompe à chaleur air/eau fabriquée en France ou en Europe,
Elle doit être dimensionnée en fonction des besoins du logement et installée par des professionnels qualifiés. Le logement est étudié en amont pour vérifier que la pompe à chaleur est adaptée et garantir sa bonne performance. Il est étudié, fort bien : par qui ? selon quels critères ? Ces critères porteront-ils uniquement sur le chauffage ou également sur les capacités thermiques globales de l’enveloppe ? …
Une offre de fourniture d’électricité à prix fixe
Pendant trois ans, pour donner de la visibilité au ménage sur ses dépenses, le prix d’achat de l’électricité est encadré.
Un contrat de maintenance d’au moins trois ans
Ce contrat couvre l’entretien régulier comme les interventions en cas de panne.
Fort bien, attendu que l’entretien des PAC est obligatoire tous les 2 ans, quel sera le coût de l’entretien et, surtout, des pannes au-delà des 3 ans ?
Attendu que, tel que nous allons le voir ci-avant, l’acheteur ne peut pas choisir lui-même un fabricant, un modèle précis, quid de la qualité du produit qui lui aura été vendu ? Quid de sa durabilité ?
Attendu que son engagement ne porte pas au-delà de 3 ans, le consortium ne sera-t-il pas tenté d’opter pour un modèle peu cher mais aussi peu durable ?
Une solution de pilotage
Elle devra permettre de faire fonctionner la pompe à chaleur aux moments où l’électricité est la plus disponible et la moins chère, afin de réduire la facture des ménages. Ce pilotage reste sous leur contrôle : il repose sur leur accord, dans une plage de confort qu’ils définissent.
Cette plage horaire est-elle modifiable ?
… Les PAC air/eau ne sont pas des systèmes qui permettent d’accumuler de la chaleur par inertie… Les périodes les plus favorables seront-elles les mêmes que celles des besoins de chauffage ?
La mobilisation des aides disponibles et une solution de financement
Le financement est sous le contrôle des acheteurs. Il devra permettre de mensualiser le reste à charge pour le ménage.
Des contrôles sur site pour 70 % des installations
Afin de vérifier la conformité de l’équipement installé et la qualité de la pose, 70 % des installations seront vérifiées.
Qui les vérifiera ? Le consuel car il s’agit d’un équipement électrique ? Un chauffagiste car il s’agit d’une installation de chauffage ? Un frigoriste car seuls ces spécialistes sont légitimes à contrôler une installation qui base son fonctionnement sur le changement d’état d’un fluide frigorigène ?
Attendu qu’il n’y a pas eu de décision prise à ce sujet, anticipant ce besoin nouveau, et que le secteur du bâtiment manque déjà cruellement d’opérateurs correctement formés, nous posons la question : qui vérifiera quoi et quels moyens coercitifs en cas de défaillance technique ?
Une PAC, un bien de consommation ?
Un pack complet comme si l’achat portait sur un bien livrable en état de fonctionnement tel qu’une automobile, est-ce une bonne solution pour un système qui est tributaire d’autres systèmes car en interaction et interdépendance ?
Quid de la garantie ?
C’est une première, une innovation d’approche dans le bâtiment, il ne faut pas être défaitiste d’emblée mais il faut bien avouer que les risques sont très grands de voir ce qui relève de couvertures assurantielles de type responsabilité professionnelle être assuré comme un bien de consommation.
Les failles
Les installations seront-elles bien réalisées dans les règles de l’art ?
Tel qu’il a été démontré dans le cadre d’une étude INSEE il y a un peu plus d’un an, une enquête sérieuse (vidéo), réalisée de façon impartiale, par des statisticiens, donc des spécialistes des données et non du bâtiment, a montré à quel point il y a un décalage fort entre les attentes des occupants et ce que les chiffres démontrent.
Si un tel constat est fait ici, quid de l’engagement à longue durée en cas de défaillance sur un point ou sur un autre du contrat… qui est censé permettre une gestion correcte portant sur des activités de plusieurs corps d’état ou responsables très différents ?
Et après ?
Nous espérons avoir été de mauvais oiseaux de mauvaise augure et que tout se passe pour le mieux dans le meilleur des mondes.
Cependant le doute est permis et nous conseillons vivement à celles et ceux qui le peuvent, d’être très prudents, à la fois sur le choix de la solution PAC en remplacement d’un système de chauffage déjà existant et sur le fait de la confier dans son intégralité à un opérateur unique.
… Et sur les risques de surchauffe l’été ?
Tel que nous l’avons développé ci-avant, une PAC air/eau n’est pas une bonne solution, pour du rafraîchissement intérieur l’été.
Forts de cette information, soyez conscient que si votre maison ou votre appartement sont déjà très chauds l’été, il est fort probable que vous deviez assez rapidement envisager l’installation d’une climatisation…
Conclusion
Nous savons à quel point la situation actuelle est inconfortable pour de nombreux occupants, à quel point la période est génératrice de doute et à quel point il est important d’opter pour des évolutions vers des solutions pérennes pour limiter les besoins en énergie…
Alors, plus vous êtes dans la crainte du futur, entre autres pour des raisons de capacité financière limitée, plus il est important de ne pas vous tromper car, comme me le disait Joseph, un ami de vieille date, peu fortuné au demeurant « Il faut être riche pour acheter deux fois ! ».
Prenez le temps de la réflexion et ne dépensez qu’une seule fois, la bonne !
Et si la fausse piste annonçait l’arrivée d’une autre ?
En effet, à bas bruit, sans que le changement ci-après développé n’ait, a priori, été beaucoup remarqué, nous sommes face à une situation totalement inédite : la mainmise d’intérêts privés sur un besoin général des particuliers avec la bénédiction des autorités !
Une dérive possible ?
Dans un contexte général pour le moins tendu, à la fois de crise financière, de tensions géopolitiques mondiales et de la crise de ressources, entre autres énergétiques, il nous semble important de jeter un œil sur ces sujets qui, pourtant, ne sont pas notre cœur d’activité.
Qui maîtrise à la fois la finance et les ressources dispose des leviers d’actions parmi les plus importants… pour ne pas dire les plus importants.
Aucun financement de l’État
A priori le financement de l’opération objet de cet article est abondé par les Certificats d’Économie d’Énergie (CEE). Ces CEE sont eux-mêmes abondés par les fournisseurs d’énergie, grâce à une sorte de taxe imposée par l’État à ces derniers appelés les « obligés » (ils sont obligés à la fois de collecter cette taxe et de la gérer et redistribuer aux bénéficiaires qui, eux, doivent les utiliser pour réduire leur consommation d’énergie). Nous n’avons pas trouvé une autre source d’abondement que ces CEE.
C’est assez malin : attendu que les 6 consortiums lauréats intègrent chacun au moins un fournisseur d’énergie, ces derniers collectent une taxe et la reversent à des utilisateurs qui, eux, in fine, continueront à leur acheter de l’énergie… Aurait-on enfin découvert les secrets du mouvement perpétuel ?
Le risque que nous voyons à cette dérive
Cette désaffection soudaine de l’État sur le sujet de la rénovation énergétique, qu’il a si longtemps soutenu, accompagné, porté, orienté semble une porte largement ouverte à la maîtrise de ce sujet par d’autres.
Dans ce cas d’espèce précis, ces « autres » semblent être à la tête d’un secteur d’activité pour le moins sectoriel : les énergéticiens.