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  • Isolants : leurs qualités et leurs limites

J’ai une maison dont je veux reprendre l’isolation, je dois intervenir au niveau du toit, des murs, des planchers et du sous-sol. J’aimerais tout faire avec le même isolant. Existe-il, parmi les isolants, un produit universel répondant à tous les besoins ? Nous allons voir dans cette vidéo comment opérer un premier choix d’isolant, du fait de leurs qualités et de leurs limites.

Dans cette optique, nous allons les aborder par grandes familles. Les principales sont les isolants d’origine minérale, d’origine pétrochimique, d’origine végétale, et enfin les matériaux dits réflecteurs. Une nouvelle famille fait l’objet de nombreuses recherches et semble prometteuse, il s’agit entre autres de peintures, films minces et parements faisant appel aux nanotechnologies et aux changements de phases. Ce ne sont pas réellement, au sens courant du terme, des isolants, mais davantage des matériaux capables d’accumuler de l’énergie. 

Les matériaux d’origine minérale

Les plus courants sont la laine de verre, la laine de roche, la laine céramique et le verre cellulaire. Les laines céramiques sont généralement réservées au travaux nécessitant un très haut niveau d’inflammabilité (conduits feu, échappements automobiles), et les verres cellulaires, pour des emplois très spécifiques, comme la nécessité d’une très grande compressibilité. 

Leurs qualités :

  • Leur lambda va de 0.042 à 0.032, ce qui les classe de bien à très bien
  • Faciles à se procurer pour un prix relativement modique
  • Perspirants

Leurs limites :

  • Assez peu performants au niveau du déphasage
  • Nécessitent beaucoup d’énergie grise pour leur fabrication
  • Très difficilement recyclables
  • Sensibles au développement des points de rosée
  • Vieillissent bien en laboratoire, mais moins bien dans la réalité de la vie d’un bâtiment, du fait de l’action possible du gel sur un point de rosée matérialisé et de la non-déformabilité de leurs fibres.
  • Présentent parfois un risque pulmonaire lors de la manipulation, suite à l’action du gel.
  • Comportent un grand nombre de composés chimiques, pour certains solubles dans le sang, et sont donc loin d’être inoffensifs.

Les matériaux d’origine minérale sont, et de loin, les plus utilisés en France pour l’isolation thermique.

Les matériaux d’origine pétrochimique

Au sein de cette famille, on trouve les mousses de type polystyrène et polyuréthane. Les panneaux sont la forme de présentation la plus courante. 

Leurs qualités :

  • Lambda allant de très bon à exceptionnel, entre 0.032 et 0.025 
  • Légèreté
  • Compressibilité

Leurs limites :

  • Energie grise utilisée en quantité importante, le gaz utilisé est du HFC, moins dangereux pour la couche d’ozone que le CFC, mais il est tout de même dix mille fois plus puissant que le CO2 en ce qui concerne leur action en tant que gaz à effet de serre
  • Recyclage extrêmement difficile.
  • Leur classement feu va de E à F; ces matériaux sont donc classés dans la catégorie des combustibles facilement inflammables.
  • Les polyuréthanes les plus utilisés laissent émaner des vapeurs toxiques en cas de combustion, notamment du cyanure d’hydrogène et du monoxyde de carbone.
  • Leurs performances énergétiques diminuent avec le temps (Source : Conseil national de recherche du Canada)
  • Temps de déphasage médiocre

Des techniques de mise en œuvre de polyuréthane sous forme liquide avec polymérisation suite à une projection apparaissent. 

Les qualités de cette forme de présentation :

  • Les mêmes que celles des panneaux
  • Très bon taux de remplissage
  • Assure étanchéité au vent
  • Diverses possibilités de mise en oeuvre, y compris en sous-plafond

Leurs limites : 

  • Les mêmes que celles des présentations en panneaux
  • Nécessité de posséder un équipement spécifique et onéreux ainsi qu’un savoir-faire particulier
  • Réservées à des professionnels formés

Les matériaux d’origine végétale

La laine de bois, de lin, de chanvre, de coco, de foin, la chènevotte de chanvre, la ouate de cellulose, le liège, la paille,… font tous partie de la famille des isolants d’origine végétale. Quasi inexistante il y a 20 ans, cette famille est aujourd’hui significative. 

Leurs qualités :

  • Lambda allant de 0.050 à 0.037, donc de moyen à très bon
  • Excellent temps de déphasage
  • Bilan énergétique bon, peu d’énergie grise utilisée
  • Très bonne capacité hygroscopique
  • Très bonne conservation des valeurs de l’isolant dans le temps
  • Renouvelables
  • Facilement recyclables
  • Piège à carbone, au même titre que tous les éléments végétaux conservés sur du long terme
  • Certes combustibles, mais difficilement inflammables, souvent auto-inextinguibles, et n’émettant aucune toxicité en cas de combustion.

Leurs limites :

  • Ressources limitées mais à ce jour, grand marge de manoeuvre en terme de volume disponible
  • Coûts variables selon les produits
  • Technicité souvent requise pour leur mise en oeuvre
  • Pour les formes en vrac, des équipements peuvent s’avérer nécessaires

Les isolants minces

La quatrième famille est constituée de matériaux réfléchissants, souvent appelés isolants minces. 

Leurs qualités sont encore à démontrer :

  • Souvent préconisés car faciles à mettre en oeuvre
  • Peu gourmands en épaisseur, donc peu pénalisants sur la perte de volume habitable 

Leurs limites :

  • N’ont pas le titre d’isolants,  ils peuvent participer à des complexes isolants, mais ne suffisent pas à eux seuls à justifier d’une bonne isolation (Source : CSTB)
  • Généralement très pénalisant sur le plan de la migration de la vapeur d’eau et ne favorisent donc pas le confort
  • Génèrent une cage de FARADAY, que l’on soupçonne d’effets délétères  

Ce tour d’horizon ne se veut pas exhaustif, n’oubliez pas qu’il est délicat de reprendre l’isolation car elle est intégrée à la structure du bâtiment. Il est donc important de faire le bon choix dès le départ, sinon, on s’expose au risque de devoir dépenser davantage d’énergie pour chauffer plus, et ce pour plusieurs années.

Si vous souhaitez en apprendre davantage, je vous invite à visionner ma vidéo  sur ce sujet et à consulter mon ouvrage « Maison écologique, construire ou rénover », édité chez Terre Vivante. Vous pouvez aussi télécharger mon ebook (gratuit) depuis mon blog : “Le confort”

Crédits photos : Pixabay : Zanna-76, Orna Wachman, Ulrike Mai, Suju,

Claude Lefrançois


Après 30 ans dans le bâtiment, ancien charpentier, ancien constructeur, ancien maître d’œuvre, formateur dans le bâtiment, expert en analyse des bâtis anciens avant travaux, auteur de nombreux articles et d’un livre “Maison écologique : construire ou rénover” aux Ed. Terre vivante, auteur de 2 ebooks disponibles sur mon blog, je suis désormais retraité. Je mets mon temps disponible et ma liberté d’expression à votre service : j’observe et j’analyse, au besoin je dénonce ou émet des idées. Bonne lecture.

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