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  • Isolation : Stratégies prédéfinies, possible ou non ?

Un nombre surprenant de stratégies d’isolation existent. Elles dépendent elles-mêmes d’un grand nombre de situations et de combinaisons.  

Les stratégies selon les situations sont liées à l’emplacement dans l’immeuble. Les stratégies selon les besoins prennent en compte les normes et labels. Les contraintes, elles, sont imposées par les techniques de construction, les matériaux et l’état de l’immeuble tandis que les attentes visent à répondre aux souhaits des occupants et à leurs souhaits.

Pourquoi ne trouve-t-on pas de stratégie d’isolation préétablie selon les situations, les besoins, les contraintes et les attentes ? Qu’en est-il dans les bâtis anciens et neufs ?

I – Dans les constructions anciennes 

Le but ici est de prendre en compte les logiques imposées par les éléments à isoler, lesquels sont au nombre de sept : les sols, les murs, les menuiseries, les ponts thermiques, les combles, les toits en pente et les toitures terrasses. Nous allons approcher ces différents éléments un par un.

1-Les sols 

On peut se retrouver face à différents types de sols. 

A- La construction sur terre-plein 

  • On peut travailler sur hérisson ventilé isolé sous la chape, de compression ou non.
  • Si le sol sur lequel on implante la construction n’est pas suffisamment porteur, on va devoir opter pour un radier afin de répartir la charge de compression sur l’ensemble de la surface d’implantation. Ensuite, on va pouvoir isoler (encore sur radier) sous la dalle, ou non. 

B- Les sols sur sous-sol ou vide sanitaire 

2 possibilités :

  • Sur un plancher béton à hourdis isolants. Avec une isolation continue sous dalle ou sur dalle, sous chape ou avec une chape isolante
  • Sur un plancher bois avec soit :

– un solivage isolé dans l’épaisseur

– un panneau de type KLH. Ce sont des panneaux massifs isolés en continu par dessous, qui vont d’un support à l’autre. Exemple : d’une poutre à une autre poutre

 – un panneau continu isolé par le dessus, sous chape

2- Les murs : 

Ils peuvent être isolés selon deux techniques : l’Isolation Thermique par l’Intérieur (ITI) ou l’Isolation Thermique par l’Extérieur (ITE)

1- Isolation thermique par l’intérieur (ITI)

Comme pour les sols, une grande variété de murs existent.

A – Les murs en béton ou dérivé 

L’isolation pourra être : 

  • Avec parements intégrés (placostyrène très souvent utilisé)
  • Isolation et parement rapportés, intégrés à une structure composée de rails et de montants métalliques
  • Isolation rapportée entre supports verticaux en bois

En ce qui concerne les deux dernières possibilités, une fois l’isolant mis en place, il est nécessaire de lui adjoindre un pare-vapeur.

B – Les murs en pierre, en pisé et en bauge

Il convient d’opérer comme pour les murs en béton ou dérivés mais en prenant bien en compte la perspirance des murs et les remontées capillaires. Il est toujours nécessaire de se poser la question de la pertinence d’une isolation, sur des bâtis anciens de surcroît.

C – Les murs en briques, les monomurs ou en blocs isolants

Le protocole est encore une fois identique précédemment expliqué pour les murs bétons mais en moindre épaisseur car ils ont une capacité isolante indéniable.

D – Les murs en bois massif continu (madriers, panneaux type KLH,…)

Une précaution particulière doit être prise en ce qui concerne les murs en madriers puisque ce sont des éléments emboîtés, qui, au fil des premières années particulièrement, vont se tasser.

L’isolation se passe comme pour les murs béton mais il est recommandé d’être vigilant dans le choix du pare-vapeur et sa perméance.

E – Les murs isolés dans la masse (structures porteuses à ossature bois dans lesquelles on intègre un isolant)

  • L’isolant est mis en oeuvre en même temps qu’on monte l’ossature (c’est le cas pour la paille)
  • L’isolant rapporté est installé après la mise hors d’eau hors d’air, ce qui implique de moindres précautions concernant les conditions climatiques.
  • Les isolants peuvent être un isolant soufflé, de la ouate de cellulose projetée humide, de la laine de bois en vrac, des panneaux ou encore des mousses projetées. 

2 – Isolation thermique par l’extérieur (ITE)

Concernant cette méthode d’isolation, plusieurs solutions existent.

A – L’ isolant fixé ou collé en continu 

Support direct au crépi, nous pouvons travailler avec des mousses ou de la laine de bois haute densité pour y parvenir.

B – L’isolant en panneaux ou en rouleaux avec support préalable qui recevront le parement ultérieur 

Mise en oeuvre : On pose préalablement les supports et ensuite seulement on met en place l’isolant .

C – L’isolant en vrac soufflé 

Mise en oeuvre : On pose préalablement les supports et le pare-pluie ou parement.

D – L’isolant projeté humide ou la mousse projetée

Mise en œuvre

  • Comme ces isolants ne sont pas en capacité de porter des parements, il est impératif d’installer le support préalablement.
  • Ensuite, on applique le projeté humide et le rabotage de la ouate de cellulose.
  • Puis, on met en place une membrane pare-pluie 
  • La dernière étape consiste à poser des liteaux de ventilation et le support de parement

3 – Les menuiseries

Plusieurs cas de figure peuvent se présenter. Si on est face à une ITE et que l’on a choisi d’isoler par l’extérieur, il faudra, pour que les châssis dormants soient intégrés dans l’isolant, qu’on les pose à l’extérieur. Au contraire, si on isole par l’intérieur ( ITI), les châssis devront être posés à l’intérieur afin qu’ils soient noyés dans l’isolant.

La partie la plus importante des menuiseries est le vitrage. Il peut être :

  • A double vitrage pouvant se décliner (peu émissif, avec argon)
  • A triple vitrage avec les mêmes options

Les types de châssis peuvent également varier. Il existe :

  • Des châssis bois simple ou avec un parement de protection (le plus souvent en aluminium)
  • Des châssis PVC
  • Des châssis aluminium qui sont maintenant tous conçus avec une rupture de ponts thermiques 

4 – Les ponts thermiques 

Souvent résolus par la mise en place d’une ITE, on retrouve plusieurs cas de figure : 

  • Il peut s’agir d’éléments situés en débord, auquel cas il faut les couper et les remplacer par de nouveaux éléments que l’on mettra en place une fois l’isolation terminée
  • Les ponts thermiques affleurants au nu extérieur des murs et faisant face à l’isolant seront supprimés en partie par l’ITE 
  • Les ponts thermiques en sommet des murs ne seront éliminés que si le toit est isolé par l’extérieur
  • La suppression des ponts thermiques de pourtour de menuiseries dépendent de l’emplacement où seront posées les menuiseries

5 – Les combles perdus

Voilà l’élément le plus facile à traiter !

Le protocole consiste à enlever l’ancien isolant, préparer les combles, et ce quel que soit l’isolant choisi. N’oubliez pas de prendre en compte l’ensemble des risques : les points lumineux, les sources de chaleur, le conduit feu, et bien entendu de préparer un chemin de circulation !

Préférez toujours un isolant vrac biosourcé qui présente un meilleur taux de remplissage.

6 – Les toitures en pente

 1- Comment les isoler par l’intérieur ?

Bien entendu, un grand nombre de supports existent.

A – Pour un support en parement en bois, avec un isolant en panneaux ou en rouleaux 

Mise en œuvre :  

  • La première étape (indispensable) est de contrôler la couverture et la charpente
  • Ensuite, on donne de l’épaisseur avec des supports tels que des planches, des “échelles Lignetrend”, le but étant de créer des caissons étanches les uns par rapport aux autres. 
  • Ensuite, on met en œuvre les isolants, on pose un pare-vapeur qu’il est impératif de maintenir avec des liteaux en bois.
  • La pose du parement peut s’opérer

B – Pour un support de parement métallique, avec un isolant en panneaux ou rouleaux

Le mode opératoir est plus simple : 

  • Toujours veiller au bon contrôle de la charpente et de la couverture
  • L’épaisseur requise est donnée par la mise en oeuvre de suspentes et de fourrures métalliques 
  • On met en oeuvre les isolants, on pose le pare-vapeur avec les accessoires prévus à cet effet (chaque fabricant à sa gamme d’accessoires)
  • Pose du parement

C – Pour un support de parement bois, avec un isolant en vrac

  • Veiller au bon contrôle de la couverture et de la charpente, l’isolant insufflé ne doit jamais être en contact avec la couverture, c’est pourquoi il est indispensable de laisser un filet d’air pour la ventilation de la couverture
  • Mise en œuvre des isolants et pose d’un pare-vapeur qui devra être résistant à la pression. Il est impératif de le maintenir fermement avec des liteaux en bois qui seront croisés par rapport au support et toujours insuffler selon les prescriptions du fabricant 
  • Pose du parement

2 – Comment les isoler par l’extérieur ?

A – La méthode du “sarking”, avec un isolant non perspirant 

Le sarking est un isolant que l’on pose sur le toit avant de poser la couverture

Mise en oeuvre :

  • Réalisation d’un plancher de toit sur les chevrons 
  • Si l’habitat possède des avant-toits, il sera nécessaire de créer des rehausses de toits. Les avant-toits ne s’isolent pas, il faut donc compenser l’épaisseur d’isolant qui va encaisser la charge de la couverture
  • Création d’une ventilation du toit via la pose de contre-lattes, qui elles-mêmes vont être posées sur un pare-pluie dans la partie habitable. Ensuite, on installe des contre-lattes bien larges; elles vont devoir transmettre la charge à l’isolant
  • Pose de la couverture

B – La méthode du “sarking” avec un isolant perspirant

Mise en oeuvre :

  • Reprise des deux premières étapes
  • Préalablement à la pose de l’isolant, il convient de poser un pare-vapeur au droit de la partie habitable de façon à maîtriser le flux de vapeur de l’intérieur vers l’extérieur 
  • Pose de l’isolant, mise en place d’un pare-pluie 
  • Création d’une ventilation de toit via la pose des contre-lattes avec de larges lambourdes
  • Pose de la couverture

C – La méthode avec un isolant mis en place entre des éléments porteurs

  • Mise en place préalable des éléments porteurs en bois entre lesquels on placera l’isolant
  • Réalisation d’un plancher de toit sur les chevrons, pose d’un pare-vapeur sur ce plancher
  • Création d’un ensemble de surépaisseur par ajout de pièces de bois porteuses
  • Mise en place d’une membrane pare-pluie 
  • Mise en oeuvre de l’isolant (en vrac ou en panneaux) entre ces pièces porteuses 
  • Création d’une ventilation de toit via la pose des contre-lattes
  • Pose de la couverture

7 – Les toitures-terrasses

Avec elles, je préconise une seule option, notamment en cas de présence de dalle : l’isolation par l’extérieur. Pour ce faire, il existe deux possibilités :

  • La “toiture chaude”, la plus répandue, consiste à poser l’étanchéité au-dessus de l’isolation, ce qui permet de choisir un isolant non-imputrescible
  • La “toiture inversée”, présente la méthode inverse puisque l’isolant est posé sur l’étanchéité, ce qui impose un isolant imputrescible
  • Dans les deux cas, les isolants doivent résister à la compression

Bilan des diverses options selon les situations :

Avec cette stratégie, nous atteignons un minimum de 31 options majeures, sans compter quelques autres petites variantes !

Qu’en est-il avec la stratégie des besoins ? Ici, le but est d’atteindre les objectifs fixés par les textes : 

  • Obligation minimale de respecter l’arrêté du 3 mai 2007 qui a été modifié par l’arrêté du 27 mars 2017 en cas de rénovation d’un bâti ancien. Ces arrêtés nous imposent trois zones géographiques complétées par deux situations différentes qui concernent les pentes de toit (inférieure ou supérieure à 60°). Ces arrêtés mettent également en avant deux typologies de murs : les murs en contact avec l’extérieur et ceux en contact avec un volume chauffé.
  • Pour obtenir les aides diverses liées à la rénovation énergétique, on peut aller au-delà de ces arrêtés. Elles changent très régulièrement car elles sont assujetties aux lois de finances, sachant qu’en France, chaque 1er janvier, une nouvelle loi de finances est créée.
  • On peut également cibler d’atteindre le label BBC Effinergie 

Rien qu’avec ces trois options, qui se cumulent et se combinent entre elles, on est dans l’exponentiel.

Voyons maintenant la stratégie selon les contraintes, qui s’adapte aux conditions d’exploitation qui peuvent être : 

  • Une résidence principale
  • Une résidence secondaire
  • Une résidence secondaire qui évoluera en résidence principale 
  • Une bâtisse à surface exploitée variable; c’est le cas des bâtiments possédant de grandes surfaces et qui, l’hiver, sont habités seulement sur une partie
  • Une construction évolutive 

Il s’agit donc de 5 nouvelles options, qui se cumulent et se combinent également avec les précédentes.

La stratégie selon les attentes s’adapte aux désirs, aux souhaits et aux capacités des occupants. Ils peuvent être adeptes du high-tech, du low-tech, ou encore orientés vers l’écologie. Ce sont bien au moins 3 nouvelles options qui vont se combiner à nouveau avec les précédentes, du moins en partie. 

Combien de combinaisons sont donc possibles, rien que dans l’immobilier ancien ? Des dizaines, des centaines, des milliers probablement !

II – L’isolation thermique dans le bâti neuf

Je dis stop ! A nouveau, combien d’options ? De combinaisons possibles ? D’options ? De combinaisons ? D’options ? De combinaisons ? 

Il n’est pas raisonnablement possible d’envisager toutes les situations possibles et imaginables. Il est impossible de trouver des stratégies d’isolation préétablies selon les situations, les besoins, les contraintes et les attentes. Toutefois, ce n’est pas dramatique ! Ce fait ne mène pas dans une impasse !

Vous pouvez vous aider de supports :

  • Ma chaîne Papy Claude pour la théorie sur la thermie
  • Le livre “Isolation écologique” paru chez Terre Vivante, écrit par Jean-Pierre Oliva, rejoint par Samuel Courgey et modifié récemment
  • Ma production à paraître en 2021 “Les clés du confort thermique écologique” et son sous-titre explicite “Bien s’informer pour bien décider”
  • Le média communautaire Build Green

Je peux conclure cet article avec un préalable impératif : pour bien prescrire, il faut bien analyser ! Pour établir le bon diagnostic, il faut être en capacité de le faire !

J’ai longtemps milité pour que paraissent de nouveaux professionnels formés à l’habitologie. C’est maintenant possible et 24 élèves suivent déjà une formation pilote de 30 semaines. Ils seront, en octobre, en capacité d’analyser un bien, d’évaluer ses handicaps et ses avantages, d’apprécier la compatibilité entre les attentes des occupants et les possibilités du bien. Ils seront également capables de présenter, en thermie, les solutions les plus pertinentes.

D’autres cessions vont être programmées. Se tromper dans le bâtiment étant lourd de conséquences, l’objectif est que vous puissiez être accompagné par un habitologue, peu importe la localisation de votre bien. 

Si vous souhaitez en apprendre davantage, je vous invite à visionner ma vidéo  sur ce sujet et à consulter mon ouvrage « Maison écologique, construire ou rénover », édité chez Terre Vivante. Vous pouvez aussi télécharger mon ebook (gratuit) depuis mon blog : “Le confort”


Source des illustrations, Pixabay :  qimono,  GraphicMama-team,  cocoparisienne,  Pezibear,  Antranias,  ArmbrustAnna,  dimitrisvetsikas1969

Claude Lefrançois


Après 30 ans dans le bâtiment, ancien charpentier, ancien constructeur, ancien maître d’œuvre, formateur dans le bâtiment, expert en analyse des bâtis anciens avant travaux, auteur de nombreux articles et d’un livre “Maison écologique : construire ou rénover” aux Ed. Terre vivante, auteur de 2 ebooks disponibles sur mon blog, je suis désormais retraité. Je mets mon temps disponible et ma liberté d’expression à votre service : j’observe et j’analyse, au besoin je dénonce ou émet des idées. Bonne lecture.

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