• Home
  • |
  • Blog
  • |
  • Où positionner ses menuiseries lors d’une ITE ?

Qui dit maison, dit ouvertures, portes et fenêtres. Auparavant, celles-ci étaient petites, on pourrait même dire minimalistes, aujourd’hui elles sont beaucoup plus grandes. Pourquoi ? Nous voulons de la lumière, bénéficier des bienfaits du soleil, être confortablement chez soi et ne pas dépenser beaucoup en chauffage.

De bien nobles raisons. Pour y parvenir, la voie royale est d’isoler les parois extérieures. Beaucoup optent pour l’Isolation Thermique par l’Extérieur, l’ITE.

Pour que cette isolation soit performante, il est nécessaire qu’elle soit continue.

Alors, dans le cas d’une ITE, où faut-il positionner les menuiseries ?

Les ouvertures, particulièrement les fenêtres, ont évolué dans leurs dimensions au fil des modes et, aussi, voir surtout, de la législation.

Les temps ne sont pas si lointains où la taxation dépendait, entre autres, de la surface des ouvertures. Ce n’est plus la cas, tant mieux ! La législation a plutôt tendance à nous pousser dans l’autre sens et incite à de grandes ouvertures sur l’extérieur, sources de luminosité et d’apport de calories du fait du rayonnement solaire.

Bien sûr, il est préférable de les implanter sur les façades les plus intéressantes, Est, Sud et Ouest, les 3 faces exposées au soleil, chacune à son tour.

Bien que l’objectif ici ne soit pas de poser la question de la qualité des menuiseries, de leur performances intrinsèques et de celles des vitrages, un rapide rappel peut s’avérer bénéfique.

Performance des menuiseries

Les menuiseries sont évaluées thermiquement dans leur globalité. L’unité est le UW (W pour Window en anglais). Plus le UW est faible, meilleure est la performance thermique globale de la menuiserie.

Il dépend des performances conjuguées du châssis, UF (F pour Frame en anglais) et du UG qui lui concerne les vitres (G pour Glass en anglais).

Les évolutions de la qualité des matériaux, particulièrement les vitrages, mais surtout des techniques de fabrication et d’assemblages des éléments entre eux, conjuguées aux performances des joints ont permis de réels progrès. En 30 ans, les évolutions sont telles qu’une menuiserie bois, de 38 mm d’épaisseur, à simple vitrage, afficherait aujourd’hui un UW de l’ordre de 5 alors même que les menuiseries les plus performantes d’aujourd’hui peuvent atteindre un UW inférieur à 1.
Pour démystifier les vitrages dits “isolants”, il nous semble intéressant de vous fournir quelques données. Ils ont en effet connu des évolutions importantes en quelques décennies :

Un double vitrage de base de 4/6/4, standard il y a 25b ans, (4mm de vitrage, 6mm d’air et, à nouveau, 4 mm de vitrage) atteint une valeur UG de : 3,3 W/m2.k.

Un double vitrage 4/16/4 avec Argon, standard aujourd’hui, atteint une valeur UG de : 1,1 W/m2.k et un triple vitrage, standard de demain, peut descendre jusqu’à 0,65.

Résumons :

  • double vitrage 4/6/4, UG de 3,3 W/m2.k
  • double vitrage peu émissif + gaz argon 4/16/4, UG 1,1 W/m2.k
  • triple vitrage avec gaz argon, UG : 0,65

Tout comme nous constatons facilement les évolutions techniques de nombreux secteurs industriels ( automobile, informatique, téléphonie, télévision,…) , les vitrages, eux aussi, ont évolué, même si c’est moins visible.

Ces évolutions sont très importantes, mais comment en tirer le meilleur parti lors de l’intégration dans le bâti ?

Nécessité de la continuité de l’isolation

Il est désormais admis que, pour des raisons de recherche de confort et des nécessités de limiter la consommation d’énergie, fossiles ou renouvelables, ainsi que de ne pas émettre inutilement des gaz à effet de serre, il faut isoler les bâtiments, qu’ils soient habitables, tertiaires ou commerciaux. Cette isolation peut être réalisée par l’intérieur ou par l’extérieur.

Dans les 2 cas, il est nécessaire que cette isolation soit la plus continue possible.

Les 3 schémas ci-dessous montrent, de façon assez évidente, que la manière d’intégrer un même châssis de menuiserie peut influer sur le rendement global de la maison.

Le schéma 1 montre la technique traditionnelle et conventionnelle d’intégrer une menuiserie dans des murs massifs anciens.

Non seulement la menuiserie était peu performante (épaisseur faible du châssis, pas de joint, simple vitrage) mais, de plus, elle venait compléter un mur qui, dépourvu d’isolant, était un pont thermique continu : ensemble catastrophique selon les critères actuels.

Le schéma 2 montre l’intégration conventionnelle d’une menuiserie neuve dans le cadre de travaux, y compris en cas d’ITE. On y voit une excellente menuiserie, une ITE performante, mais une faiblesse évidente au droit des joues des ouvertures. Cela se traduit par un défaut d’isolation en ce point précis et donc un pont thermique symbolisé ici par les flèches rouges.


Le schéma 3 présente la solution idéale : intégration du dormant de la menuiserie dans l’isolant. Continuité et donc annulation de tout pont thermique.
Ceci est réalisable en optant pour des menuiseries de type “oscillo-battantes”, ce qui facilite la pose et la dépose de l’ouvrant, même avec très peu d’espace autour. En effet, le positionnement en “fond” de tunnel empêche un “dégondage” classique.

Exemple en images sur un cas pratique

Dans le cas présenté ici, l’objectif était d’intégrer les menuiseries dans une ITE réalisée via un remplissage avec de la ouate de cellulose insufflée derrière des panneaux de laine de bois haute densité, elle même posée sur lambourdes.

Étape 1 : Préparation du châssis (pose d’un encadrement support)

Étape 2 : Menuiserie posée

Étape 3 : Préparation du lambourdage du mur

Étape 4 : Préparation de l’isolation au droit du châssis dormant

Étape 5 : Intégration des menuiseries dans la laine de bois

Étape 6 : Insufflation de la ouate de cellulose

Vue de la menuiserie depuis l’intérieur

A noter : l’ancienne menuiserie est toujours présente.Les travaux extérieurs ont pu être réalisés sans générer la moindre gêne à l’exploitation.

Étape 7 : Mise en place de l’ouvrant de la menuiserie neuve

Ensemble neuf en place

Crédit photo : Pixabay – analogicus

Claude Lefrançois


Après 30 ans dans le bâtiment, ancien charpentier, ancien constructeur, ancien maître d’œuvre, formateur dans le bâtiment, expert en analyse des bâtis anciens avant travaux, auteur de nombreux articles et d’un livre “Maison écologique : construire ou rénover” aux Ed. Terre vivante, auteur de 2 ebooks disponibles sur mon blog, je suis désormais retraité.
Je mets mon temps disponible et ma liberté d’expression à votre service : j’observe et j’analyse, au besoin je dénonce ou émet des idées.
Bonne lecture.

Laissez-nous un commentaire !


Your email address will not be published. Required fields are marked

  1. Merci Claude pour le partage (et tous tes articles et vidéos). Dans le cas de la pose en applique extérieure : du on souhaite ajouter un volet roulant, il faudrait en prendre un de faible epaisseur et serait cacher dans ouate ? Ou as tu d'autre solution ?
    Sur la laine de bois peut on crépir ? Enduit chaux par exemple ?
    Christophe

    1. Bonjour Christophe,

      Un volet roulant de faible épaisseur ça n’existe pas. Si vous le cachez dans l’isolant il va créer un bon gros pont thermique. Il n’existe qu’une seule solution pour résoudre tous les problèmes que pose l’intégration d’un caisson de volets roulants avec une ITE, on la trouve sur toutes les constructions du nord de l’Europe: le caisson est posé sur l’ITE c’est à dire en imposte de façade, on n’a aucun pont thermique et le confort d’été est assuré par la présence d’une large lame d’air. Les volets roulants proches du vitrage sont en effet mauvais en confort d’été sur les façades ouest et sud. Alors oui l’esthétique est discutable et en bientôt 30 ans de carrière je ne l’ai vu qu’une seule fois en France mais il n’y a pas d’autre solution pour être efficace. A part peut être de se contenter de volets battants très efficaces sans poser de problèmes d’exécution!
      On ne crépit pas sur de la laine de bois (semi rigide et moyenne densité) mais sur de la fibre de bois (rigide et haute densité). Il y a sur le marché des enduits dédiés à cet usage, il font l’objet d’avis techniques (ATEC ou DTA du CSTB) couplés à des isolants qui permettent à une entreprise d’assurer la garantie décennale. Bien sur ces produits sont chers et adjuvantés (résines), mais ils permettent de réaliser en trois passes un enduit relativement fin qui ne pèse pas très lourd. Vous pouvez essayer de faire un enduit chaux classique sur de tels supports mais la couche sera forcément plus épaisse et pèsera beaucoup plus, si ça peut marcher pour un échantillon de 30 cm par 30 cm à l’échelle d’une façade ça peut poser problème (décollement de pans entiers). Si toutefois vous voudriez tenter l’expérience en auto construction je vous conseille fortement de fixer mécaniquement une trame en fibre de verre sur l’isolant qui de fait deviendra votre support d’enduit. Après un gobetis NHL 2,5, un corps d’enduit NHL 2,5 et une finition chaux aérienne CL 90 mais c’est pas gagné d’avance.

{"email":"Email address invalid","url":"Website address invalid","required":"Required field missing"}
%d blogueurs aiment cette page :